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La campagne de Pologne (1806-1807)

D'Iéna à Tilsit : la Grande Armée s'enfonce dans la boue et la neige de Pologne, rencontre à Eylau son premier coup d'arrêt, puis écrase les Russes à Friedland avant l'entrevue du radeau du Niémen.

Après Iéna, la guerre glisse vers l'Est

Le 14 octobre 1806, deux batailles se livrent le même jour à une vingtaine de kilomètres l'une de l'autre. À Iéna, Napoléon écrase l'armée du prince de Hohenlohe ; à Auerstedt, le maréchal Davout, avec environ 27 000 hommes, tient tête à l'armée principale prussienne, forte de plus de 60 000 soldats, et la met en déroute. La Prusse, qui avait mobilisé à la fin de l'été et lancé son ultimatum au début d'octobre, voit en une journée s'effondrer l'armée dont l'ombre de Frédéric II protégeait encore la réputation.

La suite est une poursuite. Le corps de Davout entre à Berlin le 25 octobre, Napoléon le 27, sous la porte de Brandebourg. Hohenlohe capitule à Prenzlau le 28 octobre, Stettin et Küstrin ouvrent leurs portes, Blücher dépose les armes près de Lübeck le 7 novembre, Magdeburg se rend le lendemain. En six semaines, la quasi-totalité des forces prussiennes engagées a été détruite ou capturée. Depuis Berlin, l'Empereur signe le 21 novembre le décret qui déclare les îles Britanniques en état de blocus : c'est l'acte de naissance du Blocus continental.

Pourtant, la guerre ne s'arrête pas. Le roi Frédéric-Guillaume III et la reine Louise se sont repliés vers l'est, à Königsberg puis à Memel, et le tsar Alexandre Iᵉʳ a promis son aide. Des armées russes s'avancent en Pologne prussienne. Napoléon, qui n'a pas de paix à signer avec un adversaire en fuite, choisit de les chercher. La Saxe, alliée de la Prusse, change de camp : le traité de Posen, le 11 décembre 1806, en fait un royaume et l'entrée de son souverain dans la Confédération du Rhin. La Grande Armée marche vers la Vistule. Il ne s'agit plus de la campagne de Prusse, mais de ce que les contemporains appelleront, dans un langage qui dit bien l'enjeu, la guerre de Pologne.

La Pologne dans le sillage de la Grande Armée

Les Français entrent à Posen le 27 novembre, et l'accueil des Polonais frappe les témoins. Depuis les partages de 1772, 1793 et 1795, l'État polonais n'existe plus, et une partie de ses élites a servi la France depuis plus de dix ans, notamment dans les légions de Dąbrowski en Italie. Jan Henryk Dąbrowski et Józef Wybicki, auteur du chant qui deviendra l'hymne national, appellent à la levée de troupes en Grande-Pologne. Murat entre à Varsovie le 28 novembre ; Napoléon y arrive le 19 décembre. Une commission de gouvernement est instituée en janvier 1807, et les régiments polonais, que l'on retrouvera au feu jusqu'en 1812, se multiplient.

Pourtant, l'Empereur ne promet rien. Rétablir la Pologne signifierait se brouiller pour de bon avec l'Autriche et la Prusse, qui en détiennent des morceaux, et fermer toute porte à un accord avec la Russie. Il laisse les Polonais espérer, utilise leurs hommes et leurs vivres, et se garde de s'engager sur l'avenir. Cette ambiguïté, qui pèsera lourd en 1812, est déjà l'un des traits de la campagne : pour beaucoup de Polonais, la France est la seule puissance qui puisse faire revivre leur pays ; pour Napoléon, la Pologne est un instrument parmi d'autres.

Pułtusk, Golymin et la boue de décembre

Face à lui, les Russes sont d'abord commandés par le vieux maréchal Kamenski, qui évite la bataille et se replie, laissant les Français franchir la Vistule presque sans coup férir. Puis Bennigsen prend la tête de l'armée. Le 23 décembre, à Czarnowo, les Français enlèvent un passage sur la Wkra. Trois jours plus tard, le 26 décembre 1806, deux combats acharnés se livrent le même jour, à Pułtusk et à Golymin, sans décider de rien : les Russes se retirent, mais aucune de leurs armées n'a été détruite.

Ce sont moins les Russes que le pays qui arrêtent les Français. Le dégel a transformé les routes de Pologne en fondrières où l'artillerie s'enlise, où les convois ne passent plus et où les soldats manquent de pain. Napoléon, qui espérait en finir avant l'hiver, fait cantonner l'armée. La campagne s'annonce comme une pause. Elle ne durera pas un mois.

L'offensive d'hiver de Bennigsen

En janvier 1807, Bennigsen tente de surprendre l'aile gauche française en portant le gros de son armée vers le nord, en Prusse-Orientale, avec un corps prussien pour couvrir sa droite. Il tombe d'abord sur des éléments du 6ᵉ corps du maréchal Ney, qui avait poussé ses cantonnements bien au nord de la zone assignée, contre les ordres de l'Empereur, puis se rabat sur le 1ᵉʳ corps de Bernadotte, isolé. Le combat de Mohrungen, le 25 janvier, permet à ce dernier de se dégager.

Napoléon y voit une occasion. Il ordonne à Bernadotte de reculer devant les Russes pour les attirer, et lance le reste de la Grande Armée vers le nord pour envelopper leur aile gauche et leur couper la route de l'est. Le hasard ruine le projet : des cosaques interceptent l'officier porteur des ordres destinés à Bernadotte, et les remettent au prince Bagration. Bennigsen, prévenu, ordonne aussitôt la retraite. Commence une poursuite de plusieurs jours dans le froid, de Bergfried, le 3 février, à Hoff, le 6, où chaque camp laisse environ 2 000 hommes. Après plusieurs tentatives pour faire front, Bennigsen s'arrête devant la petite ville de Preußisch Eylau.

Eylau, 7 et 8 février 1807

Le champ de bataille est un plateau légèrement ondulé, entrecoupé d'étangs gelés et de bois, au nord-est de la ville. Les Russes s'y rangent sur deux crêtes, face aux Français qui tiennent le terrain à l'ouest. Le 7 février, l'arrière-garde de Bagration défend le plateau avant Eylau, puis le bourg lui-même. Les sources divergent sur l'origine de l'engagement : Napoléon dira avoir voulu fixer l'ennemi et abriter ses soldats du froid, d'autres témoignages parlent d'une affaire commencée sans ordre. Quoi qu'il en soit, la nuit tombe avec environ 4 000 morts et blessés dans chaque camp, et les Français maîtres de la ville. Les deux armées dorment dans la neige, sans manger.

Le 8 au matin, Bennigsen aligne quelque 67 000 hommes et 400 à 460 canons. Napoléon dispose de 48 000 à 49 000 soldats et d'environ 300 pièces. Tout dépend des renforts : les Français attendent Davout, avec une quinzaine de milliers d'hommes, puis Ney ; les Russes, un corps prussien d'environ 8 500 soldats commandé par L'Estocq. La neige tombe sans arrêt. Un long duel d'artillerie tourne plutôt à l'avantage des Français, abrités par les maisons d'Eylau et de Rothenen.

Puis vient le moment que toutes les relations retiennent. Napoléon, voulant fixer les Russes pendant que Davout enveloppe leur gauche, lance le 7ᵉ corps d'Augereau, malade, sur le centre. Une bourrasque aveugle les colonnes, qui dérivent vers la gauche et se retrouvent, de flanc, à quelques centaines de pas de la grande batterie russe. En quelques minutes, le 7ᵉ corps perd environ 5 200 hommes. Le centre français est presque enfoncé, et l'Empereur, posté au cimetière d'Eylau, voit les Russes arriver à portée de sa propre position. La Vieille Garde sauve la situation à la baïonnette, mais le centre reste désorganisé pendant des heures.

Vaste composition sombre : l'Empereur à cheval, main levée, entouré de son état-major, au-dessus d'un premier plan de morts et de blessés dans la neige
Antoine-Jean Gros, Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau, 1808, huile sur toile, 521 × 784 cm. Musée du Louvre. Domaine public, Wikimedia Commons.

Pour rétablir la situation, Napoléon n'a plus qu'une carte : la cavalerie de réserve. Murat lance de 10 700 à 11 000 cavaliers, dragons de Grouchy, cuirassiers de d'Hautpoul et cavaliers de la Garde. La charge traverse les lignes russes, sabre les servants des batteries, puis revient. Elle coûte cher, et le général d'Hautpoul, la cuisse brisée, refuse l'amputation et meurt le 14 février, mais elle donne à Davout le temps de se déployer et brise l'élan russe.

La journée se joue ensuite au sud-est, où Davout repousse l'aile gauche russe jusqu'à lui faire former un angle droit avec le centre. Vers 15 h 30, elle paraît sur le point de rompre. C'est alors qu'arrive L'Estocq. Ses 8 500 hommes contre-attaquent le flanc découvert de Davout et le refoulent pendant trois heures. Vers 19 heures, la tête du 6ᵉ corps de Ney débouche enfin sur les arrières russes, mais il est trop tard pour décider de quoi que ce soit. À 23 heures, Bennigsen renonce à une troisième journée de combat et se retire vers Königsberg. Les Français, épuisés, ne s'en aperçoivent qu'à 3 heures du matin.

Le bilan défie la comptabilité. Les estimations des pertes vont de 10 000 à 25 000 hommes côté français, de 15 000 à 20 000 côté russe, et le 58ᵉ bulletin, avec ses 1 900 tués et 5 700 blessés, n'est plus cru de personne. Vingt-trois généraux français sont hors de combat, dont huit morts. Napoléon reste dix jours sur place et fait secourir les blessés, ce qui n'est pas dans ses habitudes. Il ne peut pas se dire vaincu, puisque le champ lui reste, mais il n'a pas non plus détruit l'adversaire. Eylau est le premier coup d'arrêt sérieux porté à la Grande Armée, et le mythe de l'invincibilité en sort écorné. À Saint-Pétersbourg, on y voit une victoire, et Bennigsen y gagne l'ordre de Saint-André.

Le printemps de la reconstitution

Au lendemain d'Eylau, Napoléon fait proposer au roi de Prusse, par le général Bertrand, une paix séparée : le retrait français et les frontières rétablies. Berlin refuse, car la Prusse reste liée à la Russie, et le 26 avril 1807, à Bartenstein, les deux puissances s'engagent à poursuivre la guerre ensemble. Il faudra plus de trois mois aux deux armées pour se refaire.

L'Empereur emploie ce répit à deux tâches. La première est de s'assurer des arrières : la grande forteresse prussienne de Dantzig, assiégée depuis le printemps par le maréchal Lefebvre, capitule à la fin de mai, ce qui libère des troupes et assure le ravitaillement de l'armée sur la basse Vistule. Lefebvre y gagnera son titre de duc de Dantzig. La seconde est de reconstituer une armée qui, depuis Eylau, a perdu une partie de ses cadres. Son quartier général s'installe en avril au château de Finckenstein, en Prusse-Orientale ; c'est de là qu'il gouverne l'Empire, règle des affaires de Paris par courrier et reçoit, le 4 mai, un traité d'alliance avec la Perse, première étape d'une diplomatie orientale qui n'aboutira à rien de durable.

Heilsberg et Friedland

La reprise des opérations vient des Russes. Le 5 juin, les colonnes de Bennigsen convergent sur le 6ᵉ corps de Ney, qui livre, à un contre trois ou quatre, deux jours de combats d'arrière-garde autour de Guttstadt et repasse la Passarge avec l'essentiel de ses troupes. Napoléon concentre alors son armée, et trouve les Russes retranchés à Heilsberg, sur l'Alle. Le 10 juin, Murat attaque sans attendre le gros de l'armée et ses assauts contre les redoutes coûtent très cher. Pourtant, dès le lendemain, Bennigsen décroche et descend l'Alle vers Königsberg. Napoléon divise ses forces : Murat, Davout et Soult marchent sur la capitale de la Prusse-Orientale, tandis que Lannes, Ney, Mortier et Victor suivent les Russes avec la Garde.

Le 13 juin, l'avant-garde de Lannes atteint Friedland, ville bâtie dans une boucle de l'Alle, dont les ponts permettent à Bennigsen de repasser sur la rive gauche. Le général russe croit voir l'occasion d'écraser un corps isolé avant l'arrivée de Napoléon. Ses ponts de bateaux sont jetés dans le goulet que forme la ville : sans le savoir, il enferme son armée dans la boucle de la rivière.

Carte en couleurs de la bataille : les lignes françaises en bleu à l'ouest, les lignes russes en rouge dans la boucle de l'Alle autour de Friedland, avec les noms des corps d'armée
La situation vers 18 heures, le 14 juin 1807 : les Russes sont adossés à l'Alle, coupés en deux par le ruisseau du Moulin, face à l'armée française déployée en arc de cercle. Carte de Verbex, CC BY-SA 2.5, Wikimedia Commons.

Le 14 juin, à trois heures du matin, les premiers coups de feu éclatent dans le bois de Sortlack. Pendant près de neuf heures, Lannes, avec environ 12 000 hommes, étire ses lignes pour paraître plus nombreux et fixe une armée russe de quelque 46 000 hommes sur la rive gauche. Il presse l'Empereur d'arriver. Napoléon arrive peu après midi, prend le commandement, et refuse, dit-on, de remettre l'attaque au lendemain, en observant qu'on ne surprend pas deux fois l'ennemi en pareille faute. Le 14 juin est aussi le septième anniversaire de Marengo.

L'attaque est lancée à 17 h 30, sur un signal de vingt canons. Ney sort du bois de Sortlack et refoule la gauche de Bagration vers la ville, avant que la cavalerie russe, en particulier les chevaliers-gardes, ne brise son élan. C'est le moment critique. Napoléon engage alors le 1ᵉʳ corps de Victor, et surtout le général de Sénarmont, dont l'artillerie avance par bonds successifs à travers la plaine : de 1 600 mètres d'abord, puis 150, et même moins selon les récits russes. À cette portée, la mitraille fauche des rangs entiers. En quelques minutes, la gauche russe s'effondre et reflue vers Friedland, que les troupes de Ney atteignent vers 20 heures.

L'Empereur à cheval, en redingote grise, tend le bras vers un général qui reçoit ses ordres, au milieu de son état-major et de soldats, un drapeau déchiré au-dessus d'eux
Horace Vernet, La Bataille de Friedland, 14 juin 1807, 1835, huile sur toile. L'Empereur donne ses ordres au général Oudinot. Château de Versailles. Domaine public, Wikimedia Commons.

La ville brûle, et les Russes ont incendié leurs ponts en se retirant. La droite de Gortchakov, séparée du reste de l'armée par le ruisseau du Moulin, se fraie un passage jusqu'à la rivière et n'y trouve presque plus de pont ; certains soldats se noient, d'autres passent à gué en aval. Vers 23 heures, le canon se tait. Les chiffres sont discutés : les rapports français annoncent environ 10 000 hommes hors de combat de leur côté, les historiens étrangers retiennent de 20 000 à 25 000 pertes russes, les auteurs russes de 10 000 à 15 000. Mais ce que personne ne conteste, c'est que l'armée de Bennigsen a été chassée de la rive gauche dans le désordre, et qu'elle ne peut plus tenir. Le 16 juin, Soult entre à Königsberg, où il trouve d'importants approvisionnements.

Tilsit

La défaite convainc Alexandre Iᵉʳ que la paix est nécessaire. Un armistice est signé le 21 juin, et le 25, les deux empereurs se rencontrent sur un radeau ancré au milieu du Niémen, près de Tilsit. Les jours suivants, Tilsit est déclarée neutre et les deux souverains s'y retrouvent presque chaque jour. Le roi de Prusse, lui, est tenu à l'écart ; la reine Louise vient plaider sa cause auprès de Napoléon le 6 juillet, sans l'obtenir.

Deux souverains se rencontrent sur un radeau surmonté d'un pavillon au milieu d'un fleuve, entourés de leurs états-majors sur les rives
Gioacchino Giuseppe Serangeli, Entrevue de Napoléon et d'Alexandre Iᵉʳ sur le Niémen, 25 juin 1807, huile sur toile. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Domaine public, Wikimedia Commons.

Les traités sont signés le 7 juillet avec la Russie et le 9 juillet avec la Prusse. Ils ne traitent pas leurs signataires de la même manière. La Russie, qui perd peu de terrain, devient l'alliée de la France, adhère au Blocus continental et se voit confier un rôle de médiatrice avec la Grande-Bretagne. La Prusse perd près de la moitié de son territoire. Ses possessions à l'ouest de l'Elbe, ajoutées à d'autres terres, forment le royaume de Westphalie, confié à Jérôme Bonaparte. Les provinces qu'elle avait gagnées dans les partages de la Pologne servent à créer le duché de Varsovie, attribué au roi de Saxe, tandis que Dantzig devient ville libre. La Russie reçoit de son côté la région de Białystok.

Ce que la campagne a changé

Pour beaucoup d'historiens, Friedland et Tilsit marquent l'apogée de l'Empire : plus aucune puissance continentale ne conteste la domination française, et la Prusse n'est plus qu'un État diminué. Pourtant, la campagne laisse des fragilités. Eylau a montré que la Grande Armée pouvait être arrêtée par le climat, les distances et un adversaire déterminé ; Friedland a rétabli la supériorité de l'artillerie et de la manœuvre, mais au prix d'une paix qui repose sur la bonne volonté d'un seul homme, le tsar. L'alliance de Tilsit s'effilochera dès 1810, et c'est de nouveau par le Niémen que la Grande Armée entrera en Russie en 1812.

La Prusse, elle, entreprend sous Stein, Hardenberg et Scharnhorst les réformes qui, en quelques années, transformeront son administration et son armée. Quant à la Pologne, elle obtient un État, mais pas son indépendance : le duché de Varsovie, doté d'une constitution et du Code civil français, reste dépendant de Napoléon et de la Saxe. Il sera agrandi en 1809 aux dépens de l'Autriche et disparaîtra avec l'Empire. Le nom de Tilsit, enfin, est resté attaché à une idée que les contemporains ont voulu éternelle : deux empereurs, partageant l'Europe sur un radeau, au milieu d'un fleuve. Elle n'a guère duré plus de cinq ans.

Pour aller plus loin

  • Thierry Lentz, Nouvelle histoire du Premier Empire, t. I, Napoléon et la conquête de l'Europe, 1804-1810, Fayard, 2002.
  • David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon, Macmillan, 1966.
  • Francis Loraine Petre, Napoleon's Campaign in Poland, 1806-1807, Londres, 1901.
  • Dominic Lieven, Russia Against Napoleon. The Battle for Europe, 1807 to 1814, Allen Lane, 2009.
  • Un témoin : Marcellin de Marbot, Mémoires, publiés en 1891, aide de camp d'Augereau à Eylau.

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