Noble émigré rentré, il gravit les échelons : Italie, Égypte, Wagram où il est grièvement blessé. Maréchal lors des Cent-Jours (1815), il commande l'aile droite à Ligny puis poursuit les Prussiens au lieu de marcher sur Waterloo — décision dont la polémique ne s'est jamais éteinte. Exil, retour sous la Monarchie de Juillet, pair de France. Mort en 1847, enterré au cimetière du Père-Lachaise.
De l'émigration aux armées de la République
Grouchy naît à Paris dans une famille de la noblesse de robe militarisée ; l'émigration le touche, le retour le ramène au service de la France révolutionnaire puis consulaire. Il combat en Italie, en Égypte — les mêmes sables que Bonaparte — puis gravit vers les postes de cavalerie où la rapidité décide des batailles avant le midi.
À Wagram, blessure grave ; la convalescence le tient à l'écart des campagnes russes et saxonnes les plus dures, mais pas de la mémoire collective des maréchaux formés au feu continu.
Ligny — la veille de l'orage
En juin 1815, Napoléon recrée des maréchaux pour les Cent-Jours ; Grouchy reçoit le bâton. À Ligny, le 16 juin, il commande l'aile droite contre les Prussiens de Blücher : victoire tactique française qui ne détruit pas l'armée ennemie. Déjà, les courriers se croisent — informations contradictoires, routes boueuses, montres désynchronisées.
Le 18 juin, à quelques lieues de Waterloo, Grouchy suit l'ordre d'encercler et de poursuivre une partie des forces prussiennes plutôt que de foncer au canon entendu à l'horizon. La polémique naît : désobéissance prudente, obéissance aveugle, faute de jugement d'initiative ? Les générations de stratèges ont écrit des tonnes sans verdict définitif.
Exil, mémoires, réhabilitation partielle
Après Waterloo, Grouchy fuit aux États-Unis puis rentre sous amnisties successives. Ses mémoires défendent la ligne de conduite du 18 juin — obéissance aux instructions écrites de l'Empereur, absence d'ordre formel de rejoindre le plateau de Mont-Saint-Jean. Les bonapartistes préfèrent un bouc émissaire à une analyse des failles de la chaîne de commandement.
Sous Louis-Philippe, il retrouve rang social et siège à la Chambre des pairs. Il meurt le 29 mai 1847 — assez tard pour voir le culte napoléonien se cristalliser sans lui avoir rendu pleinement justice.
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