Duc de Dalmatie, maréchal d'Empire puis pair de France et président du Conseil sous Louis-Philippe. Soldat d'élite à Austerlitz, gouverneur d'Andalousie, il traverse tous les régimes jusqu'à sa mort en 1851.
Soldat de la Révolution
Nicolas Jean-de-Dieu Soult naît le 29 mars 1769 à Saint-Amans-la-Bastide, dans le Tarn. Fils d'un notaire royal, il s'engage à seize ans comme soldat dans le régiment royal-Infanterie. La Révolution ouvre sa carrière. En 1792, il est sergent-major ; en 1794, général de brigade. Il combat en Allemagne sous Moreau, puis sous Jourdan. En 1799, à Stockach, il est fait prisonnier par les Autrichiens. Libéré, il rejoint l'armée d'Italie. En 1800, il participe à la bataille de Marengo sous Desaix. Le Consulat le propulse : général de division en 1802, maréchal en 1804. Napoléon le remarque pour son sens du terrain et sa rigueur.
À Austerlitz, le 2 décembre 1805, Soult commande le 4e corps. Sa manœuvre est décisive : il enfonce le centre russo-autrichien sur le plateau de Pratzen, permettant à Napoléon d'anéantir l'armée ennemie. La bataille des Trois Empereurs consacre Soult comme l'un des meilleurs tacticiens de la Grande Armée. En 1806, à Iéna, il contribue à la déroute prussienne. En 1808, Napoléon l'envoie en Espagne. Soult bat les Espagnols à Gamonal, entre à Madrid, poursuit les Anglais de Moore jusqu'à La Corogne. Mais la guérilla s'embrase. Soult reste plusieurs années dans la péninsule : gouverneur d'Andalousie, il tient Séville et Cadix assiégées. Les ressources pillées — tableaux, bijoux — alimentent sa collection personnelle. Wellington le bat à La Albuera en mai 1811. Soult n'en reste pas moins l'un des piliers de l'occupation française.
De la Restauration au Second Empire
En 1813, Soult est rappelé d'Espagne pour la campagne d'Allemagne. Il commande la garde impériale à Leipzig. La défaite est écrasante. En 1814, il combat en France — Orthez, Toulouse — face à Wellington. Après l'abdication, il se rallie à Louis XVIII et reçoit le bâton de maréchal du roi. Pendant les Cent-Jours, il refuse de rejoindre Napoléon et reste fidèle aux Bourbons. Cette fidélité lui vaut d'être nommé pair de France et ministre de la Guerre en 1815. Mais l'ultra-royalisme le suspecte. En 1819, il quitte le gouvernement.
Sous la monarchie de Juillet, Soult connaît une seconde carrière. Louis-Philippe le nomme président du Conseil en 1832, 1839 et 1840. Il réorganise l'armée, mène la conquête de l'Algérie, modernise les institutions militaires. Les républicains le détestent ; les légitimistes le méprisent. Il meurt le 26 novembre 1851 à son château de Soultberg, dans le Tarn, à quatre-vingt-deux ans. Il est l'un des derniers maréchaux d'Empire — et le seul à avoir occupé le poste de chef du gouvernement sous la monarchie constitutionnelle. Son parcours illustre la plasticité des élites militaires napoléoniennes : du sabre de l'Empereur au fauteuil du Premier ministre.
Austerlitz — Le coup de maître tactique
Le 2 décembre 1805, à Austerlitz, Soult exécute la manœuvre décisive voulue par Napoléon. L'Empereur a laissé son aile droite volontairement faible pour attirer les coalisés sur le plateau de Pratzen. Au matin, le brouillard se lève. Les Russes et les Autrichiens dégarnissent le centre pour enfoncer l'aile française. Soult, dont le 4e corps occupe une position en retrait, reçoit l'ordre de s'élancer. En une heure, ses divisions gravissent le Pratzen, bousculent les régiments ennemis et coupent l'armée coalisée en deux. La bataille est gagnée avant midi.
Cette victoire consacre Soult comme l'un des meilleurs exécutants des plans napoléoniens. Méthodique, précis, capable de déployer des masses à l'heure dite, il incarne le type du soldat-professionnel que l'Empereur appréciait. En Espagne, il applique la même rigueur — parfois avec brutalité. Gouverneur d'Andalousie, il pille les couvents et les palais ; les œuvres d'art expédiées en France alimentent les musées et sa collection personnelle. Wellington le bat à La Albuera en 1811, mais Soult reste jusqu'au bout l'un des piliers de l'occupation. Sa longévité politique — pair de France sous trois régimes, président du Conseil sous Louis-Philippe — témoigne d'une capacité d'adaptation que bien peu de maréchaux possédaient.
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