Événement

Napoléon mis hors la loi par le Congrès

13 mars 1815

Empire — Déclin (1812-1815)

Les puissances réunies à Vienne déclarent Napoléon « hors des relations civiles et sociales » et le livrent à la vindicte publique en tant qu'ennemi et perturbateur du repos du monde. Le 25 mars, la septième coalition s'engage à fournir cent cinquante mille hommes chacune jusqu'à sa chute. Toute négociation est fermée d'avance : les Cent-Jours seront une guerre, non un règne.

Vienne apprend le débarquement

Le congrès siège depuis l'automne et se déchire sur la Saxe et la Pologne ; Talleyrand y a rétabli la France dans le concert des grandes puissances en jouant des divisions. La nouvelle du débarquement de Golfe-Juan arrive le 7 mars et referme instantanément toutes les querelles.

La question posée est juridique autant que militaire : que faire d'un souverain reconnu par un traité, qui vient de le rompre ? La réponse est rédigée en quelques jours, Talleyrand tenant la plume.

Hors des relations civiles et sociales

La déclaration du 13 mars 1815, signée par les huit puissances, énonce qu'en brisant la convention qui l'avait établi à l'île d'Elbe, Napoléon Bonaparte a détruit le seul titre légal auquel son existence se trouvait attachée. Elle le déclare placé « hors des relations civiles et sociales » et, « comme ennemi et perturbateur du repos du monde », livré « à la vindicte publique ».

La formule est sans précédent dans le droit des gens. Elle ne vise pas un État mais un homme, et le met hors de toute protection juridique : ni souverain, ni belligérant, ni même prisonnier de guerre ordinaire.

Une guerre impossible à négocier

Le 25 mars, le traité de la septième coalition engage chaque puissance à fournir cent cinquante mille hommes et à ne pas déposer les armes avant sa chute. Napoléon, qui multiplie les messages pacifiques et proclame qu'il ne veut que les frontières de 1814, n'obtient aucune réponse : ses lettres sont retournées non décachetées.

Tout est donc joué avant Waterloo. Et c'est cette déclaration qui fournira, après la reddition du Bellerophon, la base juridique de la déportation à Sainte-Hélène : ne l'ayant jamais reconnu comme belligérant, Londres pourra le traiter en prisonnier d'État et non en souverain vaincu.

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