Artillerie

Artillerie à cheval (ligne)

Artillerie mobile de la ligne

1800-1815

L'artillerie à cheval de ligne — distincte de celle de la Garde — monte ses canonniers pour accompagner la cavalerie et intervenir vite sur le front. Moins prestigieuse que la Garde, elle partage la même logique : mobilité, mise en batterie rapide, appui du choc monté ou de la manœuvre.

Une arme de la mobilité

L'artillerie à cheval apparaît et se développe à la fin du XVIIIe siècle pour suivre le rythme de la cavalerie. Sous le Consulat et l'Empire, la ligne en aligne des compagnies à côté de l'artillerie à pied.

Il est essentiel de la distinguer de l'artillerie à cheval de la Garde : même principe tactique, statut, recrutement et priorité de matériel différents. La présente fiche concerne la ligne.

Son existence permet aux corps d'armée de disposer d'un feu mobile sans attendre la mise en place lente des pièces lourdes à pied.

Organisation

Compagnies rattachées aux divisions de cavalerie ou disponibles au niveau du corps / de l'armée selon les ordres de bataille. Canonniers montés, servants et train adaptés au déplacement rapide.

Les pièces sont en général plus légères que les plus gros calibres de l'artillerie à pied de réserve. La contrepartie est une puissance de boulet parfois moindre à longue distance.

Comme toute artillerie hippomobile, elle dépend cruellement des chevaux : après 1812, la crise de remonte frappe aussi les batteries à cheval de ligne.

Matériel

Dans le cadre Gribeauval et ses évolutions, on trouve des canons de campagne légers (4 ou 6 livres selon dotations et périodes, parfois 8) adaptés au rôle mobile. Les munitions — boulets, mitraille — suivent dans les caissons.

La mise en batterie doit être rapide : dételer, pointer, faire feu, éventuellement remonter. L'entraînement des équipes fait la différence entre une batterie utile et un encombrement sur le champ de bataille.

L'uniforme des artilleurs à cheval de ligne se distingue par des éléments de cavalerie (bottes, sabre) tout en relevant de l'arme savante de l'artillerie.

Tactique

Appuyer une charge de chasseurs, hussards ou dragons ; se porter sur un flanc découvert ; harceler une colonne en marche : autant de missions où la ligne à cheval excelle.

Elle peut aussi renforcer temporairement un point du front d'infanterie avant de se déplacer. Sa vulnérabilité reste celle des attelages exposés au feu de contre-batterie.

Dans la « grande batterie », elle peut coexister avec l'artillerie à pied, mais son emploi naturel reste le mouvement.

Faits d'armes

Les campagnes d'Austerlitz, d'Iéna et d'Eylau voient l'artillerie à cheval de ligne accompagner les manœuvres rapides de la Grande Armée. À Eylau, le chaos et la neige mettent à l'épreuve tous les trains d'artillerie.

À Wagram et sur les champs d'Allemagne, elle soutient les offensives de flanc et les poursuites. En Russie, la mobilité se paie lors de la retraite, lorsque chevaux et caissons manquent.

À Waterloo, des batteries à cheval de ligne s'engagent dans le duel d'artillerie et l'appui des attaques ; elles partagent le sort de l'armée.

Héritage

L'artillerie à cheval de ligne a banalisé l'idée d'un feu aussi mobile que la cavalerie. Les armées du XIXe siècle conserveront des batteries « à cheval » ou « montées » dans cet esprit.

Sur Empire Napoléon, elle rappelle que la mobilité du feu n'était pas le monopole de la Garde — la ligne aussi savait galoper ses canons.

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