Événement

Retraite de Russie et Bérézina

octobre – décembre 1812

Empire — Déclin (1812-1815)

Contrainte de reprendre la route dévastée de Smolensk, l'armée se désagrège sous le froid, la faim et les cosaques ; les chevaux meurent, l'artillerie est abandonnée. Du 26 au 29 novembre, les pontonniers d'Éblé jettent deux ponts sur la Bérézina et sauvent le noyau de l'armée au prix de milliers de traînards. Sur près de six cent mille hommes engagés, quelques dizaines de milliers repassent le Niémen.

La route imposée

L'armée quitte Moscou le 19 octobre, forte encore d'une centaine de milliers d'hommes et chargée de butin. Napoléon veut gagner le sud par Kalouga, région intacte. Le 24 octobre, le combat de Maloïaroslavets l'en empêche : Koutouzov barre la route, et il faut reprendre celle de Smolensk, déjà dévastée à l'aller.

Ce choix décide de tout. Sur cette bande de terre brûlée, il n'y a plus de fourrage, plus de villages intacts, plus de magasins. Les Russes n'ont pas besoin d'attaquer : il leur suffit de suivre.

Le froid et les cosaques

Les premières neiges tombent début novembre. Les chevaux, non ferrés à glace, s'abattent par milliers ; il faut abandonner l'artillerie et les blessés. Les colonnes se délitent en une cohue d'isolés que les cosaques et les paysans achèvent.

Smolensk, atteint à la mi-novembre, ne contient pas les vivres attendus. Trois jours de combats à Krasnoï coûtent encore des milliers d'hommes. Ney, coupé avec l'arrière-garde, réapparaît après avoir traversé le Dniepr sur la glace : la dernière légende de la campagne.

La Bérézina et la fin

Fin novembre, la retraite bute sur la Bérézina dégelée, le pont de Borissov détruit, deux armées russes aux trousses. Du 26 au 29 novembre, les pontonniers d'Éblé travaillent dans l'eau glacée et jettent deux ponts à Studienka. Le noyau de l'armée passe ; des milliers de traînards restent sur la rive. Éblé mourra quelques semaines plus tard.

Le 5 décembre, à Smorgoni, l'Empereur quitte l'armée pour Paris, où la conspiration Malet vient de montrer la fragilité du régime. Ce qui repasse le Niémen à la mi-décembre n'est plus une armée. La Grande Armée de 1812 a cessé d'exister, et avec elle la supériorité militaire de l'Empire.

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