Naissance et commandement
Nicolas-Charles Oudinot, maréchal en 1809, s'est déjà illustré à la tête de formations de grenadiers et d'unités d'élite de la ligne. En 1809, il commande un corps de grenadiers réunis — souvent appelé corps d'Oudinot — avant que les numéros de corps ne se stabilisent dans l'ordre de bataille.
En 1812, lors de l'invasion de la Russie, Oudinot reçoit le IIe corps d'armée. Ce numéro ne doit pas être confondu avec d'autres attributions de corps à d'autres dates : le système napoléonien redistribue fréquemment les numéros.
Blessé à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, Oudinot incarne le maréchal « de combat » : présent au feu, parfois hors de combat, toujours associé aux secteurs durs.
Organisation et divisions
Le corps d'Oudinot en 1809 regroupe des bataillons de grenadiers et de troupes d'élite tirés de divers régiments, formant une masse de choc temporaire. Ce n'est pas un corps « ordinaire » de divisions territoriales permanentes.
En 1812, le IIe corps se compose de divisions d'infanterie (dont des contingents alliés selon les états de situation), d'artillerie et de cavalerie légère. Les effectifs initiaux dépassent souvent vingt mille hommes avant l'usure de la campagne.
L'état-major d'Oudinot doit gérer des distances considérables sur l'aile nord de l'invasion, loin du groupe principal qui marche sur Moscou.
Campagnes majeures
En 1809, après Essling, Oudinot et ses grenadiers jouent un rôle important dans la reprise de l'initiative. À Wagram (5-6 juillet 1809), le corps d'Oudinot pèse sur le dispositif autrichien et contribue à la victoire française sur le Marchfeld.
En 1812, le IIe corps d'Oudinot n'est pas engagé sur le champ de bataille de la Moskova (7 septembre). Il opère plus au nord, face aux forces de Wittgenstein, notamment dans la région de Polotsk.
Les batailles de Polotsk (août et octobre 1812) mobilisent Oudinot — blessé — puis Saint-Cyr. Le IIe corps protège ainsi l'aile septentrionale de la Grande Armée pendant que Napoléon marche sur Moscou.
Lier le IIe corps à la « campagne de la Moskova » est donc exact au sens large de 1812, mais inexact si l'on entend une présence sur le plateau de Borodino. La distinction importe pour l'honnêteté historique.
Rôle opérationnel
Oudinot fournit à Napoléon un exécutant énergique pour les secteurs où il faut tenir, attaquer ou fixer un adversaire éloigné du centre de gravité principal.
À Wagram, le corps sert la manœuvre d'ensemble sur le Marchfeld. En Russie, il assume une mission d'aile : empêcher Wittgenstein de menacer les communications de la Grande Armée.
Les blessures répétées d'Oudinot interrompent parfois le commandement, ce qui oblige à des intérims — Saint-Cyr à Polotsk notamment — sans effacer la responsabilité initiale du maréchal.
Mémoire et bilan
Le IIe corps d'Oudinot reste associé à Wagram et à la campagne de Russie septentrionale. Sa mémoire invite à distinguer soigneusement engagement sur un champ de bataille nommé et participation à une campagne globale.
Pour l'historiographie, Oudinot incarne le maréchal courageux et souvent blessé, exécutant plus que théoricien, indispensable aux ailes et aux coups de boutoir.