Joséphine achète Malmaison en avril 1799, pendant que Bonaparte est en Égypte. Le château devient un second siège du pouvoir consulaire, puis sa résidence à elle après le divorce — et la dernière retraite de Napoléon en juin 1815.
Contexte historique
L'achat est un coup de tête coûteux : plus de 300 000 francs pour une maison de campagne, décidé sans attendre l'accord d'un mari absent depuis un an. Bonaparte, au retour d'Égypte, paie et adopte le lieu. Percier et Fontaine y inventent en quelques mois le style Consulat : la chambre en forme de tente militaire, la bibliothèque d'acajou et de bronze, la salle du Conseil tendue de rayures comme un pavillon de campagne. Le décor tient de la mise en scène autant que du confort.
De 1800 à 1802, Malmaison gouverne. Le Premier consul y tient conseil deux ou trois jours par semaine, y discute des articles du Code civil, y reçoit ses ministres entre deux parties de barres dans le parc. Aucune étiquette encore, pas de trône : le pouvoir travaille en habit de ville. Le déménagement aux Tuileries mettra fin à cette parenthèse.
Après le divorce de décembre 1809, Joséphine s'y retire avec le titre d'impératrice et une pension considérable. Elle y déploie ce qui restera son vrai chef-d'œuvre : les serres chaudes, les deux cents variétés de roses peintes par Redouté, une ménagerie de kangourous, d'émeus et de cygnes noirs venus d'Australie. Elle meurt le 29 mai 1814, à cinquante ans, quelques jours après une promenade dans le parc avec le tsar Alexandre.
Napoléon revient une dernière fois du 25 au 29 juin 1815, après la seconde abdication. Il attend des passeports qui ne viendront pas, visite la chambre où elle est morte, puis part pour Rochefort et le Bellérophon. Le château, sauvé au XIXe siècle puis donné à l'État en 1904 par le mécène Daniel Iffla-Osiris, est aujourd'hui le musée le mieux conservé de l'intimité impériale.
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