Événement

Traité de Fontainebleau

11 avril 1814

Empire — Déclin (1812-1815)

Négocié par Caulaincourt, le traité laisse à Napoléon le titre d'empereur, la souveraineté de l'île d'Elbe, une garde de quatre cents hommes et deux millions de rente jamais versés. Marie-Louise reçoit Parme, Plaisance et Guastalla ; les Bonaparte sont pensionnés et exilés. Dans la nuit du 12 au 13 avril, l'Empereur tente de s'empoisonner avant d'accepter son sort.

Négocier une sortie

Après l'abdication sans condition du 6 avril, il reste à régler le sort d'un empereur déchu que personne ne veut tuer ni laisser libre. Caulaincourt, Ney et Macdonald négocient à Paris avec les plénipotentiaires des quatre puissances ; Alexandre Ier, qui refuse l'idée d'une exil lointain, pèse pour une solution honorable.

Le traité est signé le 11 avril 1814 et ratifié par Napoléon deux jours plus tard. Louis XVIII, qui n'est pas encore rentré, n'y est pas partie : ce sont les vainqueurs qui disposent.

Les clauses

Napoléon conserve le titre d'empereur à titre viager et reçoit en toute souveraineté l'île d'Elbe, avec une garde de quatre cents hommes choisis parmi ses fidèles. Une rente de deux millions de francs, à la charge du Trésor français, doit lui être versée — elle ne le sera jamais.

Marie-Louise reçoit les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, avec réversion à son fils. Les membres de la famille Bonaparte sont pensionnés et tenus de résider hors de France. Joséphine, répudiée depuis 1809, garde ses biens ; elle mourra à la Malmaison six semaines plus tard.

La nuit du 12 au 13 avril

Dans la nuit qui suit la signature, Napoléon absorbe le poison qu'il portait sur lui depuis la campagne de Russie. Éventé par le temps, il ne provoque que de longues heures de souffrance ; le docteur Yvan est appelé, l'Empereur survit et ne recommencera pas.

Le traité contient les deux germes de 1815 : une rente impayée qui laisse le souverain d'Elbe sans ressources, et une île placée à quelques heures de navigation des côtes françaises et italiennes. Talleyrand, qui avait plaidé pour les Açores, avait vu juste.

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