Événement

Terreur blanche et exécution de Ney

7 décembre 1815

Empire — Déclin (1812-1815)

Jugé par la Chambre des pairs pour avoir rallié l'Empereur après avoir promis de le ramener « dans une cage de fer », le maréchal Ney est fusillé près de l'Observatoire, refusant le bandeau et commandant lui-même le feu. Il paie pour la vague de proscriptions et de vengeances qui frappe l'été 1815, du maréchal Brune assassiné à Avignon au général La Bédoyère fusillé en août. La Terreur blanche installe durablement la fracture entre la France impériale et la France royaliste.

La cage de fer

En mars 1815, Ney, rallié aux Bourbons et fait pair de France, part de Besançon pour arrêter Napoléon et promet à Louis XVIII de le ramener « dans une cage de fer ». Le 14 mars, à Lons-le-Saunier, il lit à ses troupes une proclamation rejoignant l'Empereur.

Il commande ensuite l'aile gauche aux Quatre-Bras et l'assaut du centre à Waterloo, où il a cinq chevaux tués sous lui. Après la défaite, il essaie de disparaître en Lot ; il est reconnu et arrêté le 3 août 1815.

Un procès de compétence

Le conseil de guerre réuni pour le juger se déclare incompétent — les maréchaux qui le composent ne veulent pas condamner l'un des leurs. L'affaire est renvoyée devant la Chambre des pairs, où siègent d'anciens serviteurs de l'Empire devenus pairs du roi.

La défense plaide que Ney, né à Sarrelouis, est devenu étranger par le traité qui vient de céder la ville : l'argument est écarté, Ney lui-même le récusant. Le 6 décembre, la Chambre le condamne à mort à une très large majorité ; une minorité vote la déportation.

Le 7 décembre

L'exécution a lieu le lendemain matin près de l'Observatoire, dans un lieu volontairement discret pour éviter la foule. Ney refuse le bandeau, s'adresse au peloton en lui disant de viser le cœur, et commande lui-même le feu.

Il meurt au cœur de la Terreur blanche qui suit les Cent-Jours : le général de La Bédoyère a été fusillé en août, Murat en Italie en octobre, Brune assassiné à Avignon. Ney est la victime la plus illustre de cette vague, et celle dont la mémoire reviendra le plus vite : en 1853, une statue de Rude sera élevée sur le lieu de son exécution.

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