Duc de Montebello, ami intime de Napoléon. Fils de teinturier gascon, Lannes s'élève par la bravoure. Mortellement blessé à Essling en 1809, il meurt quelques jours plus tard. Napoléon pleure « le plus brave de tous ».
Du teinturier gascon au maréchal
Jean Lannes naît le 10 avril 1769 à Lectoure, en Gascogne, dans une famille de teinturiers. Son père, Jean, meurt quand il a treize ans. Il apprend le métier familial, puis s'engage en 1792 dans le 2e bataillon de volontaires du Gers. La Révolution fait de lui un soldat. Il combat aux Pyrénées, puis en Italie. En 1796, il rejoint l'armée que commande Bonaparte. À Dego, à Lodi, au pont d'Arcole — où il s'élance à la tête des grenadiers sous la mitraille —, Lannes se distingue. Napoléon le remarque. Une amitié naît entre le général corse et le Gascon : l'un calcule, l'autre charge. « Lannes, c'est l'audace incarnée », dira l'Empereur.
En Égypte, Lannes combat à Aboukir, aux Pyramides. Il est blessé à Saint-Jean-d'Acre. En 1799, il suit Bonaparte lors du retour en France. Le 18 Brumaire, il est à Saint-Cloud, aux côtés du futur Premier Consul. En 1800, à Montebello, en Lombardie, il bat les Autrichiens avant la bataille de Marengo — Napoléon lui donnera le titre de duc de Montebello en mémoire de ce fait d'armes. En 1804, Lannes est l'un des dix-huit premiers maréchaux. Il a trente-cinq ans. Sa franchise, son absence de courtisanerie, son courage physique en font un proche unique. Napoléon tolère ses rebuffades : « Lannes est le seul qui me parle comme un ami. »
À Austerlitz en 1805, Lannes commande l'aile gauche et tient les hauteurs de Santon. À Iéna en 1806, son 5e corps enfonce le centre prussien. À Eylau en février 1807, dans la neige et le sang, il tient sa position malgré des pertes effroyables. À Friedland en juin, il contribue à la victoire décisive. En Espagne en 1808, il bat les Espagnols à Tudela, mais la guérilla et les atrocités l'écoeurant. Il demande son rappel. Napoléon l'accorde : Lannes est trop précieux pour être gaspillé dans une guerre sans gloire.
Essling et la mort
En mai 1809, lors de la campagne d'Autriche, Napoléon décide de franchir le Danube pour affronter l'archiduc Charles. Les ponts sont jetés ; Masséna et Lannes passent sur la rive nord. Les 21 et 22 mai, la bataille d'Essling fait rage. Les Autrichiens contre-attaquent en force. Les ponts sont endommagés par les crues et les boulets ; les renforts n'arrivent pas. Lannes commande le centre. Vers midi, un boulet lui fracasse le genou. On le transporte à l'arrière. Les chirurgiens amputent la jambe. L'infection se déclare.
Lannes agonise pendant plusieurs jours. Napoléon vient à son chevet. Le maréchal aurait murmuré : « Tu perds ton meilleur ami. » L'Empereur pleure — spectacle rare. Le 31 mai 1809, Jean Lannes meurt à Ebersdorf, à quarante ans. Ses funérailles sont nationales. Il est inhumé au Panthéon. Napoléon écrit à Joséphine : « J'ai perdu le général que j'aimais le plus, celui que je considérais comme mon meilleur ami. » La perte de Lannes prive l'Empire d'un soldat irremplaçable — et Napoléon d'un confident qui osait le contredire. Bien peu de maréchaux avaient ce privilège.
L'amitié et la franchise — Un maréchal pas comme les autres
Lannes n'était pas un courtisan. Lors du sacre de 1804, il aurait grommelé : « Tout cela pour un prêtre ! » — allusion au rôle de Pie VII. Napoléon toléra des remarques qu'il n'eût pas acceptées d'un autre. La confidence — « Lannes est le seul qui me parle comme un ami » — en dit long. Quand l'Empereur envisagea le divorce d'avec Joséphine, Lannes fut l'un des rares à lui conseiller la prudence. En Espagne, après avoir vu les exactions des troupes, il demanda son rappel : « Je ne veux pas commander une armée de bandits. » Napoléon acquiesça. Il savait que le Gascon disait vrai.
Cette franchise s'accompagnait d'une loyauté absolue. À Arcole, Lannes avait risqué sa vie en entraînant les grenadiers sur le pont ; à Montebello, il avait tenu seul contre des forces supérieures. Napoléon le récompensa en le tenant toujours près de lui : Lannes commandait les troupes d'élite, celles qu'on engageait aux moments décisifs. Sa mort à Essling priva l'Empire d'un conseiller incorruptible. Les maréchaux qui suivirent — plus brillants peut-être en parade — n'osaient plus contredire l'Empereur. Lannes avait su allier la bravoure du soldat à l'indépendance du citoyen : un mélange devenu rare sous un régime qui exigeait obéissance et flatterie.
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