Duc de Castiglione, maréchal d'Empire. Héros du pont d'Arcole, vainqueur de Castiglione. Rallié aux Bourbons en 1814, il meurt avant Waterloo.
De l'italien au pont d'Arcole
Charles-Pierre-François Augereau naît le 21 octobre 1757 à Paris. Fils d'un maçon et d'une marchande de fruits, il s'engage dans l'armée en 1774. Il déserte, sert dans les armées russe, prussienne, napolitaine. En 1790, il rentre en France, rejoint la Garde nationale puis l'armée révolutionnaire. En 1794, il est général de brigade aux Pyrénées. En 1796, Bonaparte le prend dans l'armée d'Italie. À Montenotte, Millesimo, Lodi, Augereau se distingue. Le 15 novembre 1796, au pont d'Arcole, il saisit un drapeau, entraîne les troupes à l'assaut. Le tableau de Gros immortalise l'instant — Napoléon et Augereau côte à côte sur le pont. Le 5 août, à Castiglione, Augereau écrase les Autrichiens de Wurmser. Napoléon lui donne le titre de duc de Castiglione en 1808.
En 1804, Augereau est l'un des premiers maréchaux. À Iéna en 1806, il commande le 7e corps et déborde le flanc prussien. En 1807, à Eylau, il est moins brillant — le corps souffre dans la neige. En Espagne en 1808, sa santé décline. Il est rappelé. En 1812, il commande le 11e corps en Allemagne ; en 1813, il est en réserve. Sa fidélité à Napoléon s'érode.
Ralliement et mort
En 1814, quand les coalisés envahissent la France, Augereau commande l'armée de Lyon. Le 21 mars, il publie une proclamation qui désavoue Napoléon et appelle à la paix. C'est une trahison ouverte. L'Empereur abdique quelques jours plus tard. Augereau se rallie à Louis XVIII, reçoit la pairie. Pendant les Cent-Jours, il reste fidèle aux Bourbons et refuse de rejoindre Napoléon. Il meurt le 12 juin 1816 à La Houssayé, dans la Manche. Il a cinquante-huit ans. Sa carrière illustre le parcours sinueux des maréchaux d'Empire : du pont d'Arcole à la défection, de la gloire révolutionnaire au ralliement opportuniste.
Eylau et la chute — Le maréchal usé
La bataille d'Eylau, le 8 février 1807, marque un tournant dans la carrière d'Augereau. Il commande le 7e corps, chargé d'enfoncer l'aile gauche russe. Une tempête de neige aveugle les troupes ; Augereau se trompe de direction et s'expose à l'artillerie ennemie. Ses régiments sont fauchés. Lui-même est touché — il a déjà reçu plusieurs blessures en Italie. Napoléon doit engager la Garde et la cavalerie de Murat pour colmater la brèche. La bataille reste indécise. Augereau en sort diminué.
En Espagne, en 1808, sa santé décline. Il combat à Medina de Rioseco, mais la guérilla, le climat, les privations l'épuisent. Napoléon le rappelle. En 1812, il commande le 11e corps en Allemagne ; en 1813, il est en réserve. Sa fidélité s'érode. Quand les coalisés envahissent la France en 1814, Augereau est à Lyon. Au lieu de résister, il publie le 21 mars une proclamation qui désavoue l'Empereur et appelle la population à la paix. C'est une trahison ouverte — et préméditée. Napoléon abdique quatre jours plus tard. Augereau reçoit la pairie de Louis XVIII. L'homme du pont d'Arcole, celui qui avait brandi le drapeau sous la mitraille, finit en défectionnaire. L'histoire des maréchaux d'Empire compte peu de parcours aussi contrastés.
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