Maréchal de camp russe, commandant en chef en 1812

Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov

1745-1813

Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov

Vétéran des guerres turques et italiennes, un œil crevé à un duel, il incarne la prudence stratégique face à Napoléon. Nommé en 1812, il unifie l’effort russe, livre Borodino, abandonne Moscou et harcèle la Grande Armée en retraite. Meurt en cours de campagne en 1813 ; entré dans la légende nationale russe.

Du Bosphore aux coalitions — l’apprentissage de la patience

Koutouzov naît en 1745 dans une famille noble ; il gravit les grades sous Catherine II, combat les Ottomans, étudie l’infanterie lourde et la logistique des steppes. En 1805, il est présent à Austerlitz mais ne commande pas l’ensemble : la défaite russo-autrichienne le marque. En 1812, quand Napoléon franchit le Niémen, Alexandre hésite entre Barclay de Tolly — partisan de la retraite structurée — et Bagration — plus offensif. Koutouzov, vieillard corpulent et borgne, incarne un compromis : prestige de l’ancien soldat, réputation diplomatique auprès du tsar.

Sa nomination à la tête des armées unifiées, en août 1812, vise à calmer les factions. Koutouzov sait qu’il ne peut écraser Napoléon en bataille rangée unique : il doit user l’ennemi par l’espace, les partisans, les vivres brûlés. Cette stratégie, longtemps attribuée uniquement au « peuple russe », repose en réalité sur des décisions d’état-major que le maréchal assume devant une cour sceptique.

Borodino — « assez de gloire pour un jour »

Le 7 septembre 1812, près du village de Borodino, deux cent trente mille hommes s’affrontent dans la plus grande bataille de l’invasion. Koutouzov accepte le choc pour ralentir Napoléon, non pour le détruire. La journée sanglante — redoutes, cavalerie de Murat et de Ney, contre-attaques de Raïevski — ne tranche pas : les Français tiennent le champ, les Russes se retirent en bon ordre vers Moscou. Napoléon, épuisé, ne lance pas la poursuite totale que ses maréchaux réclament.

Koutouzov rapporte à Alexandre une formule restée célèbre : la Russie n’a pas perdu si l’armée existe encore. Moscou vide puis brûlé devient l’argument ultime : Napoléon n’a plus de but politique clair. Le maréchal organise alors la retraite stratégique vers Taroutino puis Kalouga, tandis que les cosaques et la petite guerre grignotent les colonnes françaises. Borodino demeure « assez de gloire pour un jour » — phrase prêtée à Napoléon, mais le sens stratégique est russe : éviter l’annihilation, préserver le noyau.

La Berezina vue de l’Est et mort à Bunzlau

Koutouzov ne traverse pas seul la Bérézina : il coordonne les pinces qui empêchent Napoléon d’exploiter sa percée. L’armée française sort en lambeaux ; l’armée russe, malade et épuisée aussi, tient le siège de modèle napoléonien inversé. Alexandre élève le maréchal ; l’opinion publique russe le voit comme le sauveur de la patrie — image que Tolstoï, dans Guerre et Paix, à la fois magnifie et humanise en en faisant un vieillard fatigué, proche du peuple.

Koutouzov meurt en avril 1813 à Bunzlau, en Silésie, alors que la campagne de 1813 s’ouvre. Il ne verra ni Leipzig ni Paris. Sa postérité militaire influence les théories de la défense en profondeur ; pour Empire Napoléon, il demeure l’antithèse tactique du coup de tonnerre : celui qui gagne en refusant le jeu napoléonien sur son terrain.

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