Événement

Congrès de Prague

juillet – août 1813

Empire — Déclin (1812-1815)

Sous la médiation de Metternich, les coalisés offrent la paix contre l'abandon du duché de Varsovie, des villes hanséatiques et des provinces illyriennes ; la France garderait le Rhin et l'Italie. Napoléon fait traîner Caulaincourt et laisse expirer l'ultimatum du 10 août. L'Autriche déclare la guerre le 12 : la dernière occasion de sauver le Grand Empire est perdue.

La médiation armée de l'Autriche

L'Autriche est dans une position unique : alliée de la France par le traité de 1812 et le mariage de 1810, beau-père de l'Empereur par François Ier, et pourtant décidée à ne pas laisser la France dominer l'Allemagne. Metternich choisit la médiation, qui lui permet de fixer le prix de sa neutralité — ou de son entrée en guerre.

Le 26 juin 1813, à Dresde, il rencontre Napoléon pendant plusieurs heures. L'entretien est célèbre pour sa violence ; il en ressort que la France ne cédera pas facilement, et que l'Autriche a désormais le choix des armes.

Ce qui est offert

Les conditions présentées pendant l'été sont, pour une France qui vient de perdre une armée en Russie, remarquablement modérées : dissolution du duché de Varsovie, restitution des provinces illyriennes à l'Autriche, abandon des villes hanséatiques, rétablissement de la Prusse. En échange, la France garderait la frontière du Rhin, la Belgique, l'Italie.

Le congrès s'ouvre à Prague en juillet. Caulaincourt y représente la France sans pouvoirs suffisants pour conclure ; Metternich fixe un ultimatum au 10 août à minuit.

L'échéance manquée

Napoléon fait traîner. Il compte sur une victoire d'automne pour négocier mieux, et refuse de payer en territoires ce que les armes ne lui ont pas encore ôté. L'ultimatum expire sans réponse utile ; l'Autriche déclare la guerre le 12 août.

La France passe ainsi d'un adversaire de plus à une coalition complète : Russie, Prusse, Autriche, Suède, Angleterre. Dix semaines plus tard, à Leipzig, l'Empire perd l'Allemagne. Prague est le dernier moment où une paix laissant à la France le Rhin restait sur la table.

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