Prince d'Essling, duc de Rivoli. Surnommé « l'Enfant chéri de la Victoire » par Napoléon. Vainqueur de Zurich (1799), héros de Gênes (1800), il commande en Espagne et au Portugal avant de tomber en disgrâce.
Du commerce à Rivoli
André Masséna naît à Nice le 6 mai 1758 — la ville est alors savoyarde. Son père, Jules Masséna, tanneur, meurt quand André a six ans. La famille vit dans la pauvreté. En 1775, le jeune homme s'engage dans le régiment royal-italien et sert jusqu'en 1789. Il quitte l'armée avec le grade de sergent, ouvre un commerce à Antibes — il vend des quincailleries — et épouse une femme de condition modeste. La Révolution change tout. En 1791, il s'engage dans les volontaires du Var. En 1792, il est capitaine ; en 1793, général de brigade. La guerre ouvre les carrières ; Masséna les gravit à la pointe de l'épée.
Il sert en Italie sous Schérer, puis sous Bonaparte. À Loano en novembre 1795, il mène une attaque décisive qui ouvre la route de Gênes. En 1796-1797, pendant la campagne d'Italie, il s'illustre à Lodi, au pont d'Arcole — où Bonaparte le cite dans les bulletins —, à Rivoli. La bataille de Rivoli, le 14 janvier 1797, est son chef-d'œuvre : il contient les Autrichiens de Alvinzy, permet à Napoléon de concentrer ses forces et d'écraser l'ennemi. Napoléon le baptise « l'Enfant chéri de la Victoire ». En 1799, lors de la deuxième coalition, Masséna commande l'armée d'Helvétie. À Zurich, les 25 et 26 septembre, il bat les Russes de Korsakov et les Autrichiens, sauvant la France d'une invasion. La victoire est décisive ; Masséna devient une légende.
En 1800, il défend Gênes assiégée pendant deux mois. Les Autrichiens bloquent la ville ; la famine décime la garnison et la population. Masséna capitule le 4 juin — deux semaines avant Marengo. S'il avait tenu quelques jours de plus, la campagne eût peut-être pris un autre cours. Napoléon lui en veut un temps, mais le Consulat le consacre : maréchal en 1804, duc de Rivoli en 1808 après la reprise du titre lors de la campagne d'Italie de 1805. Masséna est un soldat d'instinct, courageux, dur à la tâche — et cupide. Il accumule une fortune par le pillage « réglementé » des territoires conquis. Les contemporains le dépeignent comme avide, brutal, mais irrésistible au feu.
Essling, Wagram et la disgrâce du Portugal
En 1809, Masséna commande le 4e corps lors de la campagne d'Autriche. À la bataille d'Essling, les 21 et 22 mai, les Français tentent de franchir le Danube face à l'archiduc Charles. Les ponts cèdent sous les crues ; Masséna, qui commande l'aile gauche, contient les assauts autrichiens dans le village d'Essling. Lannes meurt à ses côtés. La bataille est indécise ; Napoléon doit évacuer la rive nord. En juillet, à Wagram, Masséna tient l'aile gauche et permet la victoire. Napoléon le fait prince d'Essling. Mais Masséna a cinquante et un ans ; ses blessures, ses excès, sa mauvaise santé commencent à peser.
En 1810, Napoléon lui confie le commandement de l'armée du Portugal. L'objectif : chasser Wellington et prendre Lisbonne. Masséna envahit le Portugal en septembre, repousse les Anglais à Busaco, mais Wellington se retire derrière les lignes de Torres Vedras — un système de fortifications que les renseignements français n'avaient pas identifié. Masséna s'arrête. Les pluies, le manque de vivres, les raids anglais épuisent l'armée. En mars 1811, après cinq mois d'immobilisme, Masséna ordonne la retraite. C'est un échec. Napoléon le destitue. « Masséna a perdu son énergie. Il ne voit plus que par les yeux de sa maîtresse. » La formule est cruelle ; le maréchal n'obtiendra plus jamais de commandement important.
Il se retire dans ses domaines — il possède le château de Rueil, des propriétés en Italie. En 1814, il se rallie aux Bourbons. Louis XVIII le nomme pair de France, gouverneur de la 8e division militaire (Marseille). Il ne participe pas aux Cent-Jours. Il meurt à Paris le 4 avril 1817, à cinquante-huit ans, des suites d'une maladie de foie. Ses funérailles sont nationales. Napoléon, à Sainte-Hélène, avait dit de lui : « Masséna était le premier des maréchaux pour l'audace, la persévérance, la force de caractère. » Le jugement rend hommage au soldat tout en rappelant que la gloire napoléonienne sut récompenser — et briser — ses plus valeureux serviteurs.
Zurich et Gênes — Le général des combats impossibles
La bataille de Zurich, les 25 et 26 septembre 1799, reste l'un des plus beaux faits d'armes de Masséna. La France est menacée : les Russes de Souvorov et de Korsakov convergent sur la Suisse ; les Autrichiens occupent le nord. Masséna reçoit le commandement de l'armée d'Helvétie dans des conditions désespérées. Les troupes sont épuisées, mal équipées, démoralisées. En deux jours, il concentre ses forces, attaque Korsakov à Zurich et l'écrase. Souvorov, qui accourait, doit rebrousser chemin. La Suisse est libérée. Le Directoire lui décerne un sabre d'honneur ; les contemporains comparent la victoire à celle de Marignan.
L'année suivante, en 1800, Masséna subit l'épreuve inverse. À Gênes, il est assiégé par les Autrichiens du général Melas. La ville manque de vivres ; la population affamée réclame la reddition. Masséna impose une discipline de fer, fait distribuer des rations minuscules, organise des sorties pour récupérer des provisions. Les combats de rue contre les Autrichiens qui ont percé les remparts sont d'une violence extrême. Le 4 juin, après soixante jours de siège, il capitule — avec les honneurs de la guerre. Deux semaines plus tard, Bonaparte remporte Marengo. L'histoire retiendra que si Masséna avait tenu quelques jours de plus, Melas eût peut-être abandonné le siège pour faire face à l'armée de réserve. Le « quincaillier » de Nice avait prouvé qu'il savait autant défendre qu'attaquer — et que la gloire pouvait être aussi cruelle que magnifique.
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