Garde impériale

2e chevau-légers lanciers de la Garde

Lanciers rouges (Hollandais)

1810-1815

Créé en 1810 après l'annexion du Royaume de Hollande, le 2e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde — les « Lanciers rouges » — intègre d'anciens gardes hollandais à l'uniforme écarlate. Il combat en Russie et à Waterloo.

Origines et création

En 1810, le Royaume de Hollande est annexé à l'Empire français. Une partie de la garde royale hollandaise est alors transformée en régiment de la Garde impériale : le 2e chevau-légers lanciers.

Le surnom de « Lanciers rouges » vient de l'habit écarlate hérité des traditions hollandaises, qui contraste avec le bleu sombre de nombreuses autres formations françaises.

Leur intégration illustre la politique napoléonienne d'absorption des élites militaires des États satellites dans la Garde, vivier de prestige et de fidélité.

Organisation et effectifs

Le régiment s'organise comme une unité de cavalerie légère lance : escadrons, lances, sabres, pistolets. Les effectifs évoluent avec les campagnes et les remplacements après 1812.

Le maréchal Bessières commande la cavalerie de la Garde dans son ensemble ; Napoléon décide des engagements majeurs. Les Lanciers rouges font partie de cette réserve à cheval.

Après les pertes de Russie, le régiment se reconstitue partiellement pour les campagnes de 1813-1814 puis pour les Cent-Jours.

Uniforme, armement et recrutement

L'habit rouge, le chapska et la lance font des Lanciers rouges l'une des silhouettes les plus immédiatement reconnaissables de la cavalerie de Garde. L'image a frappé contemporains et uniformologues.

Le recrutement initial repose sur les cadres et soldats hollandais repris dans la Garde ; ensuite, des Français et d'autres contingents comblent les vides. La lance exige un entraînement spécifique de choc et de maniement.

Comme le reste de la cavalerie de Garde, les Lanciers rouges bénéficient d'une solde et d'un prestige élevés, contrepartie d'exigences disciplinaires strictes.

Faits d'armes

En 1812, les Lanciers rouges participent à la campagne de Russie. À la Moskova et durant les opérations autour de Moscou, la cavalerie de Garde reste longtemps en réserve ; la retraite décime chevaux et cavaliers.

En 1813-1814, le régiment reconstitue ses rangs et combat en Allemagne puis sur le sol français. La cavalerie de Garde sert de réserve mobile et d'instrument de poursuite ou de couverture.

À Waterloo, le 18 juin 1815, les Lanciers rouges s'illustrent dans les charges de la cavalerie française contre les carrés alliés. Leur silhouette rouge reste associée à ces assauts répétés et coûteux.

L'échec global de la bataille n'efface pas la réputation acquise : les Lanciers rouges demeurent, dans l'iconographie, l'un des régiments étrangers les plus célèbres de la Garde.

Héritage et mémoire

Les Lanciers rouges incarnent l'européanisation de la Garde : Hollandais intégrés, uniforme distinctif, arme de la lance associée aux traditions de cavalerie d'Europe du Nord.

Après 1815, le régiment disparaît avec la Garde. Il survit dans les gravures, les collections d'uniformes et la mémoire des charges de Waterloo.

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