Maréchal d'Empire, duc de Trévise

Édouard Mortier

1768-1835

Édouard Mortier

Duc de Trévise, maréchal d'Empire. Commandant de la Jeune Garde en Russie. Président du Conseil sous Louis-Philippe. Tué par la machine de Fieschi en 1835.

Du Hanovre à la Jeune Garde

Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier naît au Cateau-Cambrésis le 13 février 1768. Fils d'un cultivateur et député du Tiers-État, il s'engage en 1791. Général de division en 1799, il combat sous Masséna en Suisse. En 1803, Napoléon lui confie la conquête du Hanovre : mission accomplie sans effusion de sang notable. Maréchal en 1804, duc de Trévise en 1808. En Espagne, il participe au terrible siège de Saragosse — l'une des batailles les plus sanglantes des guerres napoléoniennes — puis bat les Espagnols à Ocaña et Gebora. En 1812, il commande la Jeune Garde en Russie. Gouverneur du Kremlin après l'entrée des Français à Moscou, il refuse d'exécuter l'ordre de faire sauter le palais, arguant que la retraite était prioritaire. À la Bérézina, il couvre le passage avec Ney et la Garde.

Paris, Waterloo et la retraite politique

En 1814, Mortier défend Paris dans la plaine Saint-Denis. Avec Marmont, il tente de retarder l'avance des coalisés. La ville capitule le 31 mars. Mortier se rallie aux Bourbons. Aux Cent-Jours, il rejoint Napoléon sans hésiter. Mais une crise de gravelle — la maladie de la pierre — l'empêche de commander la Garde à Waterloo. Il reste à l'arrière. Cette absence, involontaire, le sauve du discrédit : il conserve la pairie sous la Seconde Restauration.

Sous Louis-Philippe, Mortier connaît une seconde carrière. Grand chancelier de la Légion d'honneur en 1831, il devient président du Conseil en novembre 1834. Son gouvernement est de courte durée. Le 28 juillet 1835, lors de la revue traditionnelle marquant l'anniversaire des Trois Glorieuses, le roi passe sur le boulevard du Temple. La machine infernale de Fieschi — vingt-cinq canons de fusil chargés et pointés vers la foule — explose. Mortier est tué sur le coup, aux côtés du général La Tour-Maubourg et de seize autres victimes. Louis-Philippe est épargné. Mortier a soixante-sept ans. Il est le dernier maréchal d'Empire à mourir en fonction — et le seul tué par un attentat politique.

Le Hanovre, Saragosse et le Kremlin

En 1803, alors que la guerre reprend avec l'Angleterre, Napoléon confie à Mortier la conquête du Hanovre — Électorat détenu par George III, roi de Grande-Bretagne. Mortier mène l'opération avec une efficacité remarquable : en quelques semaines, le Hanovre capitule sans bataille rangée. La campagne fait de lui un maréchal sûr, capable d'exécuter une mission avec précision. En 1808, il rejoint l'armée d'Espagne. Au siège de Saragosse — ville défendue maison par maison, convent par convent —, Mortier commande un des corps d'attaque. L'horreur des combats de rue, les épidémies, la résistance fanatique des Aragonais marquent les survivants. Mortier en sort éprouvé mais victorieux.

En 1812, à Moscou, Napoléon lui confie le gouvernement du Kremlin. Quand l'ordre de faire sauter le palais impérial arrive — pour priver les Russes d'un symbole —, Mortier s'y oppose. Il argue que les ponts et les dépôts sont prioritaires ; faire sauter le Kremlin retarderait la retraite. L'Empereur finit par accepter. Ce refus d'obéir aveuglément illustre le sang-froid de Mortier : il savait distinguer l'ordre utile du geste destructeur inutile. À la Bérézina, aux côtés de Ney, il couvre le passage des pontonniers. Son corps résiste aux privations mieux que bien d'autres — une robustesse qui lui permettra de survivre jusqu'en 1835, jusqu'à ce jour de juillet où Fieschi tendra sa machine infernale.

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