Duc de Bassano, secrétaire d'État

Hugues-Bernard Maret

1763-1839

Hugues-Bernard Maret

Duc de Bassano, secrétaire d'État de Napoléon de 1811 à 1813. Journaliste, diplomate, il rédige les bulletins et suit l'Empereur dans toutes les campagnes. Président du Conseil sous Louis-Philippe.

Du journaliste au secrétaire d'État

Hugues-Bernard Maret naît à Dijon le 22 juillet 1763. Avocat au parlement de Bourgogne, il est gagné aux idées de la Révolution. En 1789, il fonde le Bulletin de l'Assemblée nationale —ancêtre du Moniteur universel — qui publie les comptes rendus des débats. Son talent de rédacteur le fait remarquer. En 1792, il entre au ministère des Affaires étrangères. Envoyé à Londres avec Sémonville en 1793, les deux ambassadeurs sont arrêtés par les Autrichiens en Italie et détenus jusqu'en 1795 — libérés en échange de Madame Royale, fille de Louis XVI.

De retour en France, Maret travaille au Moniteur. En 1799, il rencontre Bonaparte et participe à la préparation du 18 Brumaire. Sous le Consulat, il devient secrétaire des consuls, puis secrétaire général du gouvernement. Il rédige les bulletins de la Grande Armée — ces textes que Napoléon dicte après chaque bataille et qui propagent la gloire impériale dans toute l'Europe. Maret suit l'Empereur en Autriche, en Prusse, en Espagne. En 1811, il remplace Champagny comme ministre des Affaires étrangères et secrétaire d'État. Duc de Bassano la même année.

Les bulletins et la campagne de Russie

Maret est l'homme des bulletins. Chaque victoire — Austerlitz, Iéna, Wagram — donne lieu à un texte rédigé par l'Empereur, mis en forme par Maret, diffusé dans tout l'Empire. Ces bulletins forgent la légende napoléonienne : ils minimisent les pertes, exaltent le génie du chef, présentent chaque bataille comme décisive. Maret veille à la propagande, à la censure, à la diffusion des bonnes nouvelles. Il gère aussi la correspondance diplomatique, les traités, les nominations.

En 1812, il suit Napoléon en Russie. À la Moskova, il est présent au quartier impérial. Pendant la retraite, il garde les archives, les dossiers. À la Bérézina, il traverse avec le reste de l'état-major. En 1813, Napoléon le remplace par Caulaincourt aux Affaires étrangères — Maret a peut-être mal négocié avec l'Autriche. Mais il reste proche du pouvoir. En 1814, il assiste à l'abdication de Fontainebleau. Fidèle jusqu'au bout, il suit l'Empereur à l'île d'Elbe comme secrétaire.

Restauration et monarchie de Juillet

Après Waterloo, Maret est exilé. Il vit à Graz, puis à Trieste. En 1820, une ordonnance lui permet de rentrer en France. Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe le nomme pair de France, puis président du Conseil en novembre 1834 — un mandat éphémère de quelques semaines. Maret meurt à Paris le 13 mai 1839. Il est inhumé au Père-Lachaise.

Sa carrière illustre le parcours des serviteurs de l'Empire : du journalisme révolutionnaire au secrétariat d'État, de la rédaction des bulletins à l'accompagnement de Napoléon sur tous les champs de bataille. Maret n'était pas un stratège ni un homme de salon ; il était l'organisateur de la parole impériale, celui qui transformait les victoires en récits et les récits en légende. « Le Moniteur ne ment jamais », disait-on — Maret y avait veillé pendant quinze ans.

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