Événement

Conspiration du général Malet

23 octobre 1812

Empire — Déclin (1812-1815)

Le général Malet, échappé de sa maison de santé, annonce la mort de l'Empereur en Russie, fait libérer deux généraux et arrête le ministre de la Police avant d'être maîtrisé en une matinée. Personne, dans le tumulte, n'a songé à proclamer le roi de Rome. L'affaire révèle la fragilité d'un régime tout entier suspendu à une vie, et hante Napoléon jusqu'à son retour.

Une évasion et un faux

Claude-François de Malet est un général républicain, écarté et surveillé, interné dans une maison de santé parisienne. Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, il en sort avec un uniforme, quelques complices et un dossier de faux : un prétendu sénatus-consulte annonçant la mort de l'Empereur sous Moscou et l'instauration d'un gouvernement provisoire.

Il se présente avant l'aube à une caserne de la garde de Paris, lit son papier à des officiers réveillés en sursaut, et obtient qu'on lui obéisse. Personne ne demande de vérification.

Une matinée de république

Avec la troupe ainsi acquise, Malet fait libérer les généraux Lahorie et Guidal, détenus à la Force. Lahorie se rend au ministère de la Police et arrête Savary, le ministre, puis le préfet de police. Malet se présente à l'état-major de la place, blesse d'un coup de pistolet le commandant Hulin, et échoue enfin devant un officier qui exige ses ordres écrits.

Tout est terminé avant midi. Traduits devant un conseil de guerre, Malet, Lahorie, Guidal et plusieurs de leurs complices sont condamnés à mort et fusillés dans la plaine de Grenelle quelques jours plus tard.

Ce que l'affaire a révélé

L'important n'est pas le complot, dérisoire, mais la réaction. Pendant quelques heures, des ministres, des officiers supérieurs et des fonctionnaires ont cru l'Empire fini — et pas un n'a songé à proclamer le roi de Rome, héritier constitutionnel âgé d'un an et demi. Le régime n'existait que par un homme.

La nouvelle atteint Napoléon en pleine retraite et pèse dans sa décision de quitter l'armée pour rentrer à Paris. En février 1813, un sénatus-consulte organisera enfin la régence de Marie-Louise. C'était deux ans trop tard : le réflexe dynastique, en 1814, ne jouera pas davantage.

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