Bataille Issue indécise

Toulouse

10 avril 1814 · Toulouse, France

Le 10 avril 1814, jour de Pâques, Wellington attaque l'armée du maréchal Soult retranchée à Toulouse. Au prix de lourdes pertes, les coalisés s'emparent des hauteurs du Calvinet, et Soult évacue la ville le lendemain soir. Mais la bataille a été livrée pour rien : Napoléon a abdiqué quelques jours plus tôt, et la nouvelle n'arrive à Toulouse que le 12.

Forces en présence

Issue : Issue disputée : Toulouse prise, armée de Soult intacte

Drapeau tricolore (1794)

France

  • Soult
  • Clausel
  • Reille
  • Harispe

Environ 42 000 hommes

Pertes : 2 700 à 3 200 hommes

Union Flag du Royaume-Uni (1801)Pavillon rouge et jaune de 1785Drapeau du Portugal (1707-1816)

Royaume-Uni · Espagne · Portugal

  • Wellington
  • Beresford
  • Freire
  • Picton

Environ 49 000 hommes, dont 9 500 Espagnols

Pertes : 4 500 à 5 500 hommes, dont près de 2 000 Espagnols

Drapeaux : FDRMRZUSA, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Coordonnées de la bataille

Toulouse

Coordonnées 43,6045° N · 1,4440° E

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Le site aujourd’hui — Toulouse, 1814

Récit de la bataille

De l'Espagne au Midi de la France

À la fin de 1813, l'armée britannique, portugaise et espagnole du marquis de Wellington a chassé les Français d'Espagne et franchi les Pyrénées. Le maréchal Soult, qui commande l'armée impériale dans le Sud-Ouest, recule pied à pied. Battu à Orthez à la fin de février 1814, il doit choisir entre couvrir Bordeaux ou Toulouse ; il se replie vers Toulouse, plus facile à ravitailler. Le 12 mars, Bordeaux ouvre ses portes aux Britanniques sans combattre, et les royalistes y proclament Louis XVIII.

Soult atteint Toulouse le 24 mars. Il met la ville en état de défense, alors qu'une partie de la population, royaliste ou lasse de la guerre, lui est peu favorable. Les nouvelles du Nord sont mauvaises : les coalisés marchent sur Paris.

Une ville entre deux rivières

Toulouse est protégée à l'ouest par la Garonne ; sur l'autre rive, le faubourg fortifié de Saint-Cyprien couvre la ville. Au nord, le canal du Languedoc forme un fossé continu, dont les ponts — les Ponts-Jumeaux, le pont des Minimes et le pont Matabiau — sont couverts par des ouvrages. À l'est, entre la ville et la petite rivière de l'Hers, s'allongent les hauteurs du Calvinet, ou Mont-Rave, que Soult a fait hérisser de redoutes. Environ 42 000 Français tiennent ces positions ; Wellington dispose d'environ 49 000 hommes, dont 9 500 Espagnols.

Wellington doit passer sur la rive droite de la Garonne. Le 4 avril, ses ingénieurs jettent un pont de bateaux au nord de la ville ; mais, après le passage d'environ 19 000 hommes, la crue emporte le pont et les isole pendant trois jours. Soult ne saisit pas l'occasion de les attaquer. Le 8 avril, les hussards britanniques s'emparent du pont de la Croix-d'Orade, sur l'Hers.

10 avril, dimanche de Pâques

Wellington attaque le 10 avril, jour de Pâques. À l'ouest, le général Hill fait une diversion contre Saint-Cyprien. Au nord, la division Picton, chargée de simples démonstrations, attaque sérieusement les Ponts-Jumeaux et se fait repousser avec des pertes sensibles. L'effort principal doit porter sur les hauteurs du Calvinet : les deux divisions espagnoles de Freire doivent en attaquer l'extrémité nord, pendant que le maréchal Beresford, avec deux divisions anglo-portugaises, longe l'Hers pour les prendre par le sud.

Mais Beresford s'embourbe dans les terres détrempées. Croyant entendre le signal de l'attaque, Freire lance ses Espagnols trop tôt : ils gravissent la pente, sont contre-attaqués et refluent ; ralliés sous les yeux de Wellington, ils attaquent une seconde fois et sont de nouveau repoussés, avec de lourdes pertes.

Les redoutes du Calvinet

Beresford atteint enfin ses positions de départ au sud des hauteurs. La division Taupin descend à sa rencontre, mais se déploie mal : prise sous le feu de l'artillerie et des fusées Congreve, une arme nouvelle, elle se débande, et le général Taupin est tué. Les Anglo-Portugais gravissent la pente, s'emparent de la redoute de la Sypière, puis remontent les hauteurs vers le nord. Les redoutes sont prises et reprises. Le général Harispe, qui les défend, tombe grièvement blessé, et les Français abandonnent la redoute du Calvinet pour se retrancher un peu en arrière, sur le mamelon de Sacarin et jusqu'au pont des Demoiselles.

Au premier plan, des colonnes de fantassins britanniques en habit rouge et des officiers à cheval ; au centre, des combats dans la fumée autour de redoutes, et au loin une ville fortifiée dominée par un clocher, sous des montagnes imaginaires
D'après William Heath, Battle of Toulouse, April 10th 1814, gravure aquarellée publiée à Londres vers 1815. Le paysage montagneux est une invention de l'artiste. Bibliothèque municipale de Toulouse, fonds Ancely, domaine public, Wikimedia Commons.

À la nuit, les coalisés tiennent les hauteurs, mais la ligne française n'est pas rompue, et Wellington, à court de munitions, ne peut exploiter son avantage. Les coalisés ont perdu de 4 500 à 5 500 hommes, dont près de 2 000 Espagnols ; les Français, de 2 700 à 3 200.

L'évacuation de Toulouse

Le 11 avril, les deux armées restent face à face. Mais la cavalerie britannique menace la route de Carcassonne, par où Soult espère rejoindre l'armée du maréchal Suchet. Le soir même, vers 21 heures, Soult évacue la ville en bon ordre par cette route, en laissant dans la ville environ 1 600 blessés. Le 12 au matin, les autorités municipales remettent Toulouse aux coalisés, et Wellington y est acclamé par les royalistes.

Une bataille livrée après la fin de la guerre

L'après-midi même du 12, Wellington apprend que Napoléon a abdiqué : les courriers officiels avaient quitté Paris dans la nuit du 7 avril, trop tard pour empêcher la bataille. Soult refuse d'abord de croire à ces nouvelles venues de l'ennemi ; il ne signe l'armistice que le 17 avril, après avoir reçu une dépêche de Berthier. Les deux camps ont revendiqué la victoire : les Britanniques parce que Toulouse est tombée, les Français parce que l'armée de Soult, qui a infligé des pertes supérieures aux siennes, s'est retirée intacte. À Toulouse, un obélisque inauguré en 1839, la rue du Dix-Avril et la rue 1814 rappellent la bataille.

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