Après six ans de guerre d'Espagne, l'armée de Wellington a franchi les Pyrénées et remonte vers le nord. Soult se replie sur Toulouse, protégée par la Garonne et le canal du Midi, et s'y retranche sur les hauteurs du Calvinet, à l'est de la ville. Le 10 avril 1814, jour de Pâques, les Anglais, Portugais et Espagnols attaquent les redoutes.
Les combats sont durs et coûtent près de huit mille hommes aux deux camps. Soult évacue la ville dans la nuit du 11 au 12 et se retire vers Carcassonne ; Wellington entre le 12 sous les acclamations d'une partie de la population, royaliste. C'est le même jour qu'un courrier apporte enfin la nouvelle : Napoléon a abdiqué à Fontainebleau le 6 avril, l'Empire n'existe plus depuis six jours.
La bataille n'aurait pas dû avoir lieu. Les communications de 1814 mettaient quatre à six jours pour franchir la France ; les deux généraux se sont battus dans un vide informationnel complet. Soult refusera d'abord d'y croire et ne signera l'armistice que le 17 avril, après vérification.
Le champ de bataille est aujourd'hui dans Toulouse : le quartier de Jolimont et l'observatoire occupent les hauteurs du Calvinet, devenues rues et immeubles. Une obélisque commémorative se dresse dans le quartier ; une plaque rappelle les combats. La ville a plutôt gardé de 1814 le souvenir de son entrée dans la paix que celui de la dernière bataille de l'Empire en France.