Champs de bataille

Cap Trafalgar

21 octobre 1805

36.1830°N, -6.0360°E

La mer perdue pour dix ans, à quarante kilomètres de Cadix. Le cap est aujourd'hui un phare au milieu d'une réserve naturelle, sans musée ni monument sur place.

La bataille se livre en pleine mer, à une quinzaine de milles au large du cap Trafalgar, sur la côte atlantique de l'Andalousie. Le 21 octobre 1805, la flotte combinée franco-espagnole de Villeneuve, sortie de Cadix sur ordre exprès de Paris, est coupée en trois par les deux colonnes de Nelson. Dix-huit vaisseaux sur trente-trois sont pris ou détruits ; une tempête achève le désastre les jours suivants.

Il n'y a rien à voir sur le lieu même : la bataille a eu lieu sur l'eau. Le cap porte un phare de 1862, haut de trente-quatre mètres, planté sur une langue de sable entre deux plages ; l'ensemble appartient au parc naturel de La Breña. On y vient pour le vent et pour le coucher de soleil, et une partie des visiteurs ignore le nom de ce qui s'est joué au large.

Les conséquences, elles, ont structuré dix ans de politique. Le projet de débarquement en Angleterre, déjà abandonné en août, devient impensable ; la Royal Navy tient les mers sans partage, ce qui rend le Blocus continental nécessaire — et rend nécessaires ensuite le Portugal, l'Espagne et la Russie. Nelson est tué à bord du Victory, Villeneuve, capturé puis libéré, se suicide à Rennes en avril 1806.

Napoléon a répondu par le silence. Le Moniteur annonce Austerlitz, remportée six semaines plus tard, et ne s'attarde pas sur Trafalgar. Aucun monument français ne commémore la journée ; à Londres, elle a donné son nom à la place la plus centrale de la ville. La différence de traitement dit assez qui a gagné.

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