Champs de bataille

Les Quatre-Bras

Le carrefour manqué, 16 juin 1815

50.5830°N, 4.4500°E

Un carrefour de routes tenu par Wellington pendant que Napoléon battait Blücher à quinze kilomètres. Ney, chargé de l'enlever, ne l'a pas fait — et les deux armées alliées sont restées reliées.

Le lieu ne doit son nom qu'à sa fonction : le croisement de la chaussée Bruxelles-Charleroi et de la route de Nivelles à Namur, quatre bras de route et une auberge. Celui qui tient ce carrefour tient la liaison entre l'armée anglo-hollandaise et l'armée prussienne. C'est pour cela que le 16 juin 1815, deux batailles se livrent le même jour à quinze kilomètres l'une de l'autre.

Ney, chargé d'enlever la position, attaque tard et par fractions, contre des troupes qui arrivent en renfort d'heure en heure. Le duc de Brunswick est tué à la tête de ses hussards noirs ; les Écossais tiennent les seigles du Bois de Bossu. À la nuit, les alliés tiennent toujours le carrefour, et le corps d'Erlon a passé la journée à marcher entre les deux champs sans combattre nulle part.

Le carrefour existe toujours, banal et passant, à l'intersection de la N5 et de la N93. Trois monuments s'y dressent : celui du duc de Brunswick, celui des Belgo-Hollandais et celui des Highlanders, ajouté en 1990. Les fermes de Gemioncourt et de la Bergerie, points d'appui de la journée, sont encore debout dans les champs.

Rien n'a été gagné ni perdu là de manière décisive, ce qui est précisément le problème. Faute d'avoir enlevé le carrefour, l'armée française n'a pas séparé ses deux adversaires ; Wellington a pu se replier en ordre sur le plateau de Mont-Saint-Jean, et Blücher a su où le rejoindre. Waterloo se décide en partie ici, deux jours plus tôt.

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