Villes et régions françaises

Lyon

Les décrets de mars 1815

45.7640°N, 4.8357°E

Le comte d'Artois quitte Lyon sans avoir trouvé un soldat pour le suivre. Napoléon y entre le 10 mars 1815 et y signe les décrets qui donnent aux Cent-Jours leur couleur révolutionnaire.

Deuxième ville de France, Lyon devait être le verrou. Le comte d'Artois, frère du roi, et le maréchal Macdonald y organisent la résistance ; ils passent en revue les troupes, demandent un cri pour le roi et n'obtiennent qu'un silence. Artois quitte la ville dans la nuit du 9 au 10 mars, escorté par un unique officier de cavalerie qui accepte de le suivre.

Napoléon entre le 10 mars au soir, acclamé par les canuts et les faubourgs. Il reste trois jours et y gouverne : les décrets de Lyon, datés du 13 mars, dissolvent les Chambres, annulent les nominations de la Restauration, suppriment la noblesse ancienne rétablie, bannissent les émigrés rentrés et ordonnent la confiscation de leurs biens.

Le ton est délibéré. Le retour se présente comme la revanche de 1789 sur 1814 : c'est le moment où l'aventure des Cent-Jours cherche un appui populaire, faute d'appui dans les élites. La contradiction éclatera un mois plus tard avec l'Acte additionnel, texte libéral rédigé par Benjamin Constant, qui décevra les deux camps à la fois.

Lyon avait des raisons de l'accueillir. La soierie, effondrée sous la Révolution, avait été relancée par les commandes du Mobilier impérial : tentures des palais, robes de cour, uniformes. La place Bellecour, rasée en 1793 en punition de la révolte fédéraliste, avait été reconstruite sur ordre du Consulat. La ville rendait ce qu'on lui avait donné.

Publicité

Pour aller plus loin

Livres recommandés pour approfondir (liens affiliés)

Voir toute la boutique →

En tant que partenaire Amazon, ce site réalise un bénéfice sur les achats éligibles.

Retour aux lieux