Premier valet de chambre de Napoléon

Louis Constant Wairy

1778-1845

Louis Constant Wairy

Dit Constant, premier valet de chambre de Napoléon de 1806 à 1814. Témoin privilégié de la vie quotidienne de l'Empereur. Auteur de Mémoires publiées en 1830.

De Malmaison aux Tuileries

Louis Constant Wairy naît en 1778. En 1798, il entre au service d'Eugène de Beauharnais comme palefrenier. L'année suivante, Joséphine le prend à Malmaison. Quand Bonaparte rentre d'Égypte, Constant attire son attention par son zèle et sa discrétion. Le 6 mai 1800, il devient valet de chambre du Premier Consul. Il habille Napoléon, prépare son bain, veille sur ses effets personnels. En 1806, à la démission du premier valet Roustam, Constant est promu premier valet de chambre. Il occupe cette fonction jusqu'en 1814.

Constant voit tout : les matins où Napoléon s'habille en cinq minutes, les nuits de travail jusqu'à l'aube, les colères contre les ministres, les moments de détente avec Joséphine ou Marie-Louise. Il prépare le fameux « petit déjeuner » — une tasse de café, souvent négligée — et le déjeuner frugal. Il connaît les habitudes, les manies, les préférences vestimentaires. « L'Empereur ne portait jamais deux fois la même chemise », notera-t-il. Constant est le gardien de l'intimité impériale.

L'intimité quotidienne à la cour

Constant partage la vie de Napoléon vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il le réveille, l'habille, prépare son bain — l'Empereur plonge dans l'eau brûlante, se frictionne avec un gant de crin. Le petit déjeuner est négligé : une tasse de café, parfois avalée en marchant. Le déjeuner, servi à onze heures, est frugal : viande grillée, légumes, pas de dessert. Napoléon mange vite, parle en mangeant, dicte des ordres entre deux bouchées. Constant veille aux uniformes : le célèbre « petit chapeau », le frac gris de campagne, les bottes. L'Empereur déteste les vêtements neufs ; il exige que tout soit « assoupli » avant de le porter. Constant connaît chaque couture.

Avec Joséphine, Napoléon est parfois tendre, parfois distant. Constant observe les scènes du matin : l'Impératrice qui entre en négligé, l'Empereur qui s'enferme dans son cabinet. Après le divorce, Marie-Louise apporte une fraîcheur différente. Constant sert les deux femmes avec la même déférence. Il connaît les chambres, les couloirs, les passages secrets des Tuileries et de Saint-Cloud. Roustam, le mameluk, garde la porte ; Constant gère l'intérieur. Les deux hommes forment un binôme indispensable. Quand Napoléon travaille jusqu'à trois heures du matin, Constant veille. Quand l'Empereur part en campagne, Constant emballe les effets — les mêmes partout : simplicité et régularité.

Les colères sont légendaires. Napoléon lance un encrier, renverse une table, tonne contre un ministre. Constant range, nettoie, ne commente jamais. Il a vu l'Empereur en larmes — après la mort de Duroc, après une lettre de Joséphine. Il a vu la joie du sacre, la fierté à la naissance du roi de Rome. Ces scènes, il les racontera dans ses Mémoires avec une précision qui fait encore autorité. « J'ai servi un homme, pas une idole », écrira-t-il. Constant ne mythifie pas : il décrit. Et c'est pourquoi son témoignage reste irremplaçable.

Les campagnes et les Mémoires

Constant suit Napoléon dans toutes les campagnes : Austerlitz, Iéna, Eylau, Wagram, la Moskova. Il veille au confort de l'Empereur — tentes, bivouacs, déplacements. À la Bérézina, il traverse avec le reste de la suite. En 1814, quand Napoléon abdique à Fontainebleau, Constant l'accompagne jusqu'à l'île d'Elbe. Mais il ne reste pas : il rentre en France et entre au service de Marie-Louise — une décision que Napoléon ne lui pardonnera pas. Aux Cent-Jours, Constant n'est pas rappelé.

Après 1815, Constant vit dans la retraite. En 1830, il publie ses Mémoires en six volumes — Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. L'ouvrage connaît un succès considérable. Constant y décrit les journées de Napoléon, ses manies, ses colères, ses moments de tendresse. Il meurt en 1845. Ses Mémoires restent une source irremplaçable pour qui veut comprendre l'homme derrière l'Empereur — celui qui se levait à quatre heures du matin, travaillait seize heures par jour, et portait un uniforme gris usé aux coudes. « Constant savait tout, et il a tout dit », résumera un historien.

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