Champs de bataille

Plancenoit

Le village où arrivent les Prussiens

50.6720°N, 4.4200°E

Pendant que Wellington tient le plateau, la vraie décision se joue sur le flanc droit français, dans un village disputé au corps à corps. Le monument prussien de 1819 s'y dresse encore.

Plancenoit est un village d'une centaine de maisons autour de son église, à trois kilomètres au sud-est du plateau de Mont-Saint-Jean. Il n'était prévu dans aucun plan. C'est en arrivant par l'est, à partir de seize heures trente le 18 juin 1815, que les corps prussiens de Bülow puis de Pirch en font l'enjeu du flanc droit français.

Le village change de mains au moins trois fois. Lobau tient d'abord avec le VIe corps, puis la Jeune Garde le reprend, puis deux bataillons de la Vieille Garde le dégagent à la baïonnette sans tirer. Les combats se font dans le cimetière et autour de l'église, à quelques mètres. Vers vingt heures, les Prussiens s'y installent définitivement et menacent la chaussée de Charleroi, seule ligne de retraite de l'armée française.

C'est ce qui décide la journée bien plus que la charge de la Garde sur le plateau. Napoléon a dû engager quatorze mille hommes, dont une partie de sa réserve, pour tenir un village qui ne figurait pas dans son dispositif du matin — et ces hommes-là ont manqué au centre à sept heures du soir.

L'église Saint-Catherine a été reconstruite au XIXe siècle, mais le village a gardé son échelle et ses ruelles. Devant, le monument prussien élevé en 1819 sur ordre de Frédéric-Guillaume III — une flèche de fonte néogothique — rappelle les six mille sept cents Prussiens tombés ce jour-là. C'est le plus ancien monument du champ de bataille, antérieur de seize ans à la butte du Lion.

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