Champs de bataille

Friedland

La victoire qui mène à Tilsit

54.4430°N, 21.0100°E

Quatre mois après Eylau, la même armée russe est écrasée dans une boucle de rivière. La ville s'appelle aujourd'hui Pravdinsk ; le lieu a donné son nom à un quai de Paris.

Le terrain a fait la bataille. Bennigsen avait fait franchir l'Alle à son armée pour attaquer un corps français isolé, et s'est retrouvé adossé à une boucle de la rivière, avec la ville de Friedland et quelques ponts pour seule issue. Napoléon, arrivé dans la journée du 14 juin 1807, a compris la faute en regardant la carte et a attendu que les Russes finissent de s'enfermer.

Ney enfonce l'aile gauche, l'artillerie de Senarmont avance ses batteries jusqu'à cent cinquante mètres et tire à mitraille dans les colonnes massées. Les ponts brûlent, l'armée russe perd vingt mille hommes. La date n'est pas indifférente : c'est l'anniversaire de Marengo, et l'Empereur l'a fait remarquer avant le combat.

Friedland est aujourd'hui Pravdinsk, dans l'oblast russe de Kaliningrad. La ville a gardé son église gothique en brique du XIVe siècle, qui servit d'hôpital pendant la bataille, et quelques bâtiments anciens ; un monument rappelle les combats. Le paysage de la boucle de l'Alle, redevenu agricole, se lit encore assez bien depuis les hauteurs.

La conséquence est immédiate et considérable. Cinq jours plus tard, Alexandre demande un armistice ; onze jours plus tard, les deux empereurs se rencontrent sur un radeau à Tilsit, à soixante kilomètres de là. C'est la seule bataille de l'Empire qui débouche directement sur un renversement d'alliance. À Paris, le quai d'Orsay voisin porte depuis 1808 le nom de quai de Friedland — devenu avenue en 1864.

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